CONFERENCE
DE PRESSE / RICHARD MORALES/ LES DEMOCRATES
Club de la Presse, 22
rue du Boeuf 69005 LYON, 15 avril 2010, 11 heures
J’ai pris la décision de démissionner
aujourd’hui du Mouvement Démocrate du Rhône ; beaucoup
sont déjà partis, plus de 120 adhérents m’accompagnent, d’autres
suivront d’ici le mois de juin.
J’ai fait part de cette décision à François Bayrou
dans une lettre ouverte que vous trouverez dans le dossier de Presse.
Les récentes élections régionales ont
définitivement scellé le sort du Modem. Sa fragilité extrême visualisée
par les deux derniers scrutins – Européennes puis Régionales- confirment
que dans sa forme actuelle le Modem n’a plus raison d’être en tant que
tel, tant il est devenu illisible pour les citoyens. L’espoir soulevé
par sa création n’a pas été suivi par des actes fondateurs forts.
Nous devions développer une autre politique.
C’était le message de Bayrou en 2007. Une politique tournée vers les
citoyens et dont le fil conducteur est le bien public ; pour un service
public au meilleur coût, pour une politique innovante, créatrice, qui
sache répondre aux authentiques et véritables problèmes des citoyens en
matière d’ emploi, de logement, des retraites, de la formation, de
l’accès aux soins, de l’égalité des chances, qui sache répondre
prioritairement au problème majeur qui touche notre pays ; le déficit
public non contrôlé qui met en dramatiquement en péril nos équilibres
économiques et sociaux à court terme.
Le Modem, central, au dessus du clivage gauche
droite avait la prétention de cette nouvelle façon de faire de la
politique.
A-t-il répondu à ses objectifs ? absolument non. Et
désormais comment le pourrait-il tant il est carencé en élus. A-t-il
pour autant gardé sa ligne politique? définitivement non.
Au lieu de devenir un parti clair dans ses
objectifs, le Modem a cultivé le flou, perdant toute lisibilité.
La gestion nationale du Modem, si l’on peut évoquer
une quelconque gestion, a fait le choix de focaliser toute son
attention sur les présidentielles de 2012 en balayant d’un revers de
manche les nécessités d’organisation d’un parti qui se voulait un parti
de gouvernement. Un parti qui a délibérément sacrifié son aile droite
mais a autorisé Corinne Lepage à conserver sa formation politique au
sein du Modem ; une situation impensable statutairement, d’un parti dans
le parti. CAP 21 avait les droits refusés aux UDF historiques. On a vu
ce que Corinne Lepage en a fait. Dès lors, l’opposition surjouée à
Nicolas Sarkozy a été comprise comme un basculement à gauche, faisant
sortir le Modem de sa route, celle d’un parti au dessus des clivages et
revendiquant son indépendance.
La
gestion pragmatique aurait été de faire du Modem une confédération
attractive respectant ses composantes, historique pour l’UDF, écologiste
pour Cap 21 et nouvelle par l’afflux de militants de centre gauche
aspirant à être les acteurs de cette espérance de faire de la politique
autrement.
L’échec
d’aujourd’hui n’est que la résultante d’une gestion sans aucune
clairvoyance.
L’illisibilité du Modem, l’absence de
management au niveau national, les déshérences locales ignorées ou
tolérées par Paris, l’exemple Lyonnais en est une absolue caricature,
ont conduit le Modem à ce qu’il est aujourd’hui, sanctionné par les
citoyens.
Face
à ce naufrage annoncé de très nombreux militants ont quitté le navire
depuis plus d’un an. Par ailleurs nous avons été relativement nombreux à
espérer un sursaut, une prise de conscience, un retour à la raison de
la direction nationale du Modem et en raison de cela nous avons décidé
de créer un espace de sauvegarde , un club de réflexion,
l’association « les démocrates » le 23 février 2009. Notre association
prend désormais toutes ses distances avec le Modem.
Les
dernières élections ont mis en lumière une réactivation du clivage
gauche droite et surtout une attraction utilitaire vers les extrêmes.
Cette
attractivité vers l’extrême gauche du PS, malgré un essai de recentrage
par le discours oblige Martine Aubry à s’essayer à la danse classique,
plutôt au grand écart car il faudra expliquer la compatibilité entre une
politique sociale et libérale et une idéologie collectiviste. Cela sans
compter sur l’incohérence écologiste qui prône le développement durable
et la décroissance, c’est à dire tout et son contraire. Pour reprendre
une expression chère à Mélenchon, c’est le mariage de la carpe et du
lapin. Désormais la gauche est le mariage de la carpe, du lapin et du
pic-vert. Les enfants de ce ménage à trois risquent d’être étonnants.
A
l’UMP certaines voix s’élèvent pour dire que le FN serait lui aussi
fréquentable. Marine serait plus fréquentable que Jean Marie. Changement
de génération. L’extrême droite deviendrait tendance.
L’association
les Démocrates s’inscrit désormais dans un nécessaire retour au centre.
Un centre uni, fort et audible
et qui, génétiquement refuse les extrêmes de tous bords
Nous devons aller vers une confédération
centriste et démocrate nécessaire et vitale pour la vision de
la société telle que nous l’avions interprétée en essayant de construire
le Modem. Nous sommes nombreux à souhaiter cette évolution. Nombreux
les centristes qui se sont trompés sur Sarkozy et en y incluant même des
UMP qui refusent aujourd’hui les méthodes du Président de la
République. Nombreux les ex-UDF qui ont été sacrifiés et sont restés au
milieu du gué, nombreux les Modem qui ont compris aujourd’hui les
tentations hégémoniques du PS et n’acceptent pas de voir leur nom
associé à l’extrême gauche. Nombreux les ex-modem, de valeur, qui
veulent s’associer à un centre réunifié porteur d’un vrai projet dans
une France apaisée, et qui sont les bienvenus, nombreux les
abstentionnistes d’aujourd’hui qui ne trouvent plus dans l’offre
politique celle qui répond à leurs questions. Je pense aussi aux
radicaux et à ceux des socialistes qui avec modernité militent pour une
France sociale et libérale.
Dans cette France qui s’écartèle, attirée par ses
extrêmes, l’espace central s’offre pour une politique responsable de
gestion et de raison.
Les Français vivent aujourd’hui dans un
environnement d’injustice sociale permanente, sur les salaires, sur les
retraites, sur l’emploi, sur l’éducation et l’accès aux soins. Les
privilèges ne sont jamais apparus aussi criants dans la période de crise
économique et sociale que nous traversons. On peut se demander
avec ironie si la nuit du 4 août 1789 n’a jamais eu lieu.
Face au mode de gouvernance volontaire et brownien
de Nicolas Sarkozy, qui a développé l’ultraprésidentialité, dans une
multitude de décisions et d’engagements sans jamais aborder
fondamentalement le déficit public, mais aussi face aux difficultés de
la gauche qui aura à proposer un projet cohérent compatible avec ses
différentes composantes antagonistes, nous devons aux Français,
nous les Centristes et Démocrates, une politique de sagesse et de
raison, mais pour répondre aux urgences sociales une politique
volontaire guidée par la justice sociale et la raison économique.
Nous nous devons de placer la résolution du déficit
public comme une priorité nationale.
A l’heure où s’engage la difficile
réflexion sur les retraites il faut aussi comprendre que l’ampleur du
déficit national va conduire à la situation où il sera difficile de
payer les actifs.
L’association
les « démocrates » va changer de nom pour se démarquer du Modem et pour
visualiser sa volonté de travailler à la réunification d’un centre
indispensable aujourd’hui.
L’Union Centriste Démocrate sera
proposé lors de notre assemblée générale extraordinaire du 5 juin
prochain.
Dès
le 16 juin nous organiserons une grande réunion publique sur le thème
économique et particulièrement axé sur la refonte du capitalisme.
Je
remercie aujourd’hui ceux qui font le choix d’être des décideurs et non
des suiveurs tant les convictions sont mises à rude épreuve dans les
turbulences politiciennes actuelles.
Je
remercie tous ceux qui aujourd’hui font le choix de s’engager avec
détermination dans cette volonté commune, cet appel commun à une
réunification des centristes et des démocrates dans l’intérêt du
quotidien de nos concitoyens.
C’est
dans cet esprit et pour afficher la force de notre engagement que je
vous annonce d’ores et déjà que nous seront présents dans tous les
cantons renouvelables lors des élections cantonales à venir.
Je
vous remercie et nous pouvons laisser la place aux questions. |
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